Introduction

 

Habitantes, habitants, vous êtes invité.e.s à pavoiser vos maisons grâce aux drapeaux Pureux – qui auraient dû être accrochés début mai – en soutien au personnel des Ehpad et à tous ces gens qui travaillent exposés en première ligne, malgré la crise, pour que nous puissions continuer à vivre. 
A côté de votre drapeau Pureux, accrochez un petit drapeau blanc en solidarité avec les soignant.e.s en particulier, que vous pouvez décorer d’un petit mot d’encouragement ou de remerciements.

Lors de la dernière mise à jour de cette page d’accueil, ironie du sort, nous avions formulé pour tou.te.s, des vœux de bonne année !
Les circonstances – si elles nous contraignent et nous bousculent corps et âme – ne changent pas grand’chose à nos souhaits que nous devons renouveler. 
Nous vous souhaitons de cheminer le moins mal possible, avec raison et précautions, et de bien prendre soin de vous et de vos proches
Nous savons nous, que l’Estreimbiesse qui dort n’est pas vaincue, et qu’il faut toujours être aux aguets de ses surgissements inattendus. 

Bien sûr notre fête du mois de mai n’aura lieu…  ! hélas !
Mais qui sait ? … peut-être nous retrouverons-nous sous d’autres modalités !??!

Alors pour vous donner du cœur à l’ouvrage de la patience, et vous faire passer un petit moment lumineux, j’ai choisi de vous proposer la lecture d’une lettre de Alain Mabanckou écrivain, né au Congo Brazzaville, qui enseigne la littérature francophone à Los Angelès :

 

 

Chère France,

Je suis loin de toi, pourtant plus que jamais proche de ton cœur en ces temps où le monde doute de lui-même, agressé par un ennemi imperceptible. Les conséquences désastreuses de ces attaques ont considérablement changé notre manière de nous témoigner notre amour. Si je ne peux à présent t’embrasser, te prendre la main ou te chuchoter les mots les plus tendres, mes pensées, elles, n’ont jamais été aussi fortes que pendant cette période de confinement.

La Californie où je réside a, elle aussi, limité les mouvements des individus, les réduisant à demeurer en permanence dans leur domicile. Je lis avec attention tes nouvelles qui traversent l’Atlantique, je me réjouis des énergies que tu déploies, et c’est toujours ainsi que tu as souvent surmonté les épreuves les plus tragiques de ton histoire.

Dans mes prières quotidiennes, je pense aux personnes les plus fragiles, aux démunis, à celles qui risquent leur vie pour nous, à celles qui proposent leur humilité et leur générosité en réponse à la propagation de cette pandémie qui ne nous laisse pas pour l’heure entrevoir le bout du tunnel d’où proviendrait la lueur salvatrice du soulagement.

Dans cette atmosphère, nos querelles habituelles ne deviennent plus que des échos insipides, et tout ce que nous avons jusqu’alors pris pour acquis affiche désormais un coût hors de notre portée, quelle que soit notre classe sociale.

J’ai appris depuis mon pays d’origine, le Congo-Brazzaville, que le malheur a la mémoire courte et la vue réduite. Il se moque des mappemondes, des noms de contrées et entre chez vous sans frapper à la porte. Notre ultime bouclier a pour nom solidarité. Mais nous avons perdu son sens pour le règne impitoyable du chacun pour soi. Nos illustres écrivains nous ont pourtant dissuadé d’emprunter cette sente de l’égocentrisme.

Pour Victor Hugo, « le propre de la solidarité, c’est de ne point admettre d’exclusion ».

Dans Terre des Hommes Saint-Exupéry a noté des propos qui prennent actuellement une résonance particulière :
«En travaillant pour les seuls biens matériels nous bâtissons nous-mêmes notre prison. Nous nous enfermons solitaires, avec notre monnaie de cendre qui ne procure rien qui vaille de vivre»

Des mots qui devraient pousser à la réflexion celles et ceux qui estiment que leur survie individuelle est au-dessus de l’urgence de la pérennité du genre humain… 

Mais, chère France, la solidarité que nous réclamons aujourd’hui devrait également prévaloir demain lorsque le soleil reprendra majestueusement son cycle, satisfait d’avoir enfin consumé l’armée de ces bêtes terribles qui, dans leur capacité d’ouvrir les batailles sur tous les fronts, s’imaginaient défaire notre planète en s’appuyant sur notre impréparation.

Nous sommes une chaîne dont chacun des maillons, même les plus minuscules, contribue à la concordance et à l’équilibre de notre existence…

Alain Mabanckou

22 mars 2020

                                               

Bienvenue sur le site de la Compagnie des Pureux
et de son Comité d’Animation !

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Vous prendrez aussi connaissance des actions que nous menons au long de l’année, et du déroulement de la fête.   

                                                                                                                                  

                             

 

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